Pleureuse et Douleur, cimetière Saint-Pierre à Marseille
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Les Pleureuses du cimetière Saint-Pierre, et autres curiosités et tombes remarquables

Savez-vous ce qu’est une Pleureuse ? Oui ? Non ? J’entends, au fond, « une pleurnicharde qui sanglote pour tout et rien », non pas vraiment, « une dame triste », oui, voilà nous y sommes.

La Pleureuse ou l’allégorie du deuil

La Pleureuse (et sa variante Douleur) est un type de statues que l’on croise dans les cimetières français, sur les places publiques ou encore en ornement sur les monuments aux morts. C’est une allégorie du deuil ; elle incarne le chagrin et la peine dans la perte d’un proche, d’un ami ou d’un parent cher.

Décors, cimetière Saint-Pierre à Marseille
Cimetière Saint-Pierre, à Marseille

La première fois qu’une pleureuse a attiré mon attention, c’était lors d’une promenade au cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Le réalisme de son affliction m’a particulièrement touché et je suis restée un long moment à l’observer. Il est vrai que pour peu que l’on ait un minimum d’empathie, on se laisse facilement happer par leur étrange aura. Si vous êtes amateurs de tourisme funéraire, certaines, célèbres, ne vous ont surement pas échapper, comme celle de la tombe de François-Vincent Raspail, scientifique et homme politique notoire du XIXème siècle, où la Pleureuse est ici incarnée par sa propre épouse, tendant le bras à travers le soupirail de la prison, pour dire adieu à son mari. (Pour son attachement infaillible à la République, Raspail connut près de 19 ans de prison et d’exil.)

Pleureuse et Douleur, cimetière du Père-Lachaise à Paris

Debout ou assise, la Pleureuse est généralement représentée sous les traits d’une jeune femme, enveloppée dans une longe étoffe drapée. Sa tête est couverte d’un voile qui ne rend apparent qu’une partie de son visage et de sa chevelure. Portant ses mains au visage ou posant ses bras sur une urne cinéraire, représentant le ou la défunt.e, elle pleure un parent disparu. La présence de Pleureuses, en agrément d’une tombe, témoigne donc de l’importance du chagrin ressenti par les familles éplorées.

Décors, cimetière Saint-Pierre à Marseille
Cimetière Saint-Pierre, à Marseille

Les Pleureuses de Saint-Pierre

Dresser une liste exhaustive des Pleureuses du cimetière Saint-Pierre, à Marseille, est impossible, tant avec plus de 100 000 sépultures, elles sont nombreuses. En voici quelques unes parmi les plus jolies ou singulières que j’ai pu déceler.

Famille Frerejouan Dussein
Sculpteur : André-Joseph Allar
Familles Fouray-Fray & Dusan
Familles "inconnue" & Barbaroux
(à droite) La religion consolant la douleur, sculpteur : Pierre Travaux
Familles Galantini & Carabelli
Familles Isaïloff & Haïroumiantz
Familles Berail & Calas
Famille Henry
Sculpteur : Louis Botinelly
Famille Poirier
Sculpteur du buste : Constant Roux
Familles Luce & Antoine
Famille Carli
Sculpteur : Auguste Carli
Famille Calas
Famille Chevalier
Familles "inconnues"

Retrouver ci-dessous les tombes citées dans le diaporama :
01 – Famille Frerejouan Dussein (sculpteur : André-Joseph Allar)
02 – Familles Fouray-Fray & Dusan
03 – Familles « inconnue » & Barbaroux (à droite, La religion consolant la douleur, sculpteur : Pierre Travaux)
04 – Familles Galantini & Carabelli
05 – Familles Isaïloff & Haïroumiantz
06 – Familles Berail & Calas
07 – Famille Henry (sculpteur : Louis Botinelly)
08 – Famille Poirier (sculpteur du buste : Constant Roux)
09 – Familles Luce & Antoine
10 – Famille Carli (sculpteur : Auguste Carli)
11 – Famille Calas
12 – Famille Chevalier
13 – Familles « inconnues »

Curiosités et tombes remarquables

Mausolée d’inspiration orientale, mini phare, boxeur de marbre en pied, mari étreignant son épouse sur son lit de mort, classé monument historique…, les curiosités et tombes remarquables ne manquent pas dans le plus grand cimetière de la cité phocéenne. Petit tour d’horizon de ces œuvres funéraires qui dénotent et racontent l’histoire de la ville.

Alibert - Vincent Scotto
Gaby Deslys & Alida et Louis Rouffe
(au centre) sculpteur du médaillon : Louis Botinelly (à droite) sculpteur du médaillon : Emile Aldebert
Familles Alzial & "inconnue"
Monument les Voix de la mer & Famille Roux-Gauthier
(à gauche) sculpteur : Paul Gondard
Familles Olive & Daurelle Sacharows
(à gauche) sculpteur : Pascal Coste, classé monument historique depuis 2014
Familles Mariano & Grassi
Familles Chiarelli & Magga
Famille Lains
Le dernier baiser, sculpteurs : Buselli et Reybaud
Famille Roux-Gauthier
Familles Burattini & La Porte-Goujon
Famille Belard
Familles "inconnue" & Claverie
(à droite) sculpteur : Louis Botinelly
Famille Auriemma
Familles Saint-Martin & Tolla
(à gauche) L'envol pour l'au-dela, sculpteur : Auguste Carli
Familles "inconnue" & Magnier
Familles Paoli, Scaramanga & Luc

Retrouver ci-dessous les tombes citées dans le panorama :

Les artistes du music-hall : (voir l’article « La Canebière fait son show !
Opérettes & Revues, l’âge d’or du music-hall à Marseille
« )
01 – Alibert – Vincent Scotto
02 – Gaby Deslys & Alida et Louis Rouffe (au centre, sculpteur du médaillon : Louis Botinelly, à droite, sculpteur du médaillon : Emile Aldebert)

Curiosités et tombes remarquables :
03 – Familles Alzial & « inconnue »
04 – Monument les Voix de la mer & Famille Roux-Gauthier (à gauche, sculpteur : Paul Gondard)
05 – Familles Olive & Daurelle Sacharows (à gauche, sculpteur : Pascal Coste, classé monument historique depuis 2014)
06 – Familles Mariano & Grassi
07 – Familles Chiarelli & Magga
08 – Famille Lains (Le dernier baiser, sculpteurs : Buselli et Reybaud)
09 – Famille Roux-Gauthier
10 – Familles Burattini & La Porte-Goujon
11 – Famille Belard
12 – Familles « inconnue » & Claverie (à droite, sculpteur : Louis Botinelly)
13 – Famille Auriemma
14 – Familles Saint-Martin & Tolla (à gauche, L’envol pour l’au-dela, sculpteur : Auguste Carli)
15 – Familles « inconnue » & Magnier
16 – Familles Paoli, Scaramanga & Luc

Le cimetière Saint-Pierre

Mon article ne serait pas complet si je terminais ce dernier sans vous présenter, en quelques mots, l’histoire et les spécificités de ce cimetière. Créé en 1855 et fort de 63 hectares, le cimetière Saint-Pierre est le plus grand cimetière de Marseille et le troisième plus important de France. Il est construit, à l’époque, en dehors de la ville, pour prendre la relève du cimetière Saint-Charles, ouvert au début du XIXème siècle mais trop vite saturé et trop proche du centre ville. Il est établi sur un assemblage des jardins de plusieurs bastides et aménagé par l’architecte Sixte Rey (à qui l’on doit Le château Régis, et autrefois les constructions de l’Alcazar et du Palais de Cristal).

On offrit aux familles des inhumés de Saint-Charles des emplacements dans le nouveau cimetière afin d’y transférer, à leurs frais, leurs défunts (ce qui explique que certains tombeaux soient antérieurs à 1853). Le cimetière Saint-Pierre est organisé en « carrés » (ou divisions) tandis que sa partie la plus élevée forme des « pinèdes ». Il héberge également un crématorium, depuis 1909, à l’apparence d’une mosquée et dont la cheminée est dissimulée par un minaret décoratif, et la très controversée « Cathédrale du silence », avec ses 8 étages de béton aux allures d’ancienne cité HLM, enchâssés dans un dénivelé impressionnant.

Crématorium, cimetière Saint-Pierre à Marseille
Crématorium de l’architecte Léonce Muller
Cathédrale du silence, cimetière Saint-Pierre à Marseille
Cathédrale du silence
Cathédrale du silence, cimetière Saint-Pierre à Marseille

Plusieurs religions y sont présentes. Et comme vous avez pu le constater, à l’image du Père-Lachaise, à Paris, il recèle de véritables œuvres architecturales funéraires et de mausolées impressionnants, sans oublier les grands noms locaux comme Pierre Ambrogiani, Gaston Defferre, Gaby Deslys, Edmond Rostand, Antoine Sartorio, Vincent Scotto, Henri Verneuil…

Un dernier mot sur plusieurs monuments aux morts que l’on peut y croiser : La Crypte, par l’architecte Gaston Castel (à qui l’on doit la reconstruction de l’Opéra Municipal et le Monument aux morts de l’Armée d’Orient et des terres lointaines), pour les soldats morts sur le champ d’honneur pendant la guerre de 1914 – 18, Le Carré des militaires, pour les morts des guerres et victimes civiles de 1914 – 18 et de 1939 – 45, Le Carré des allemands, pour les soldats allemands morts à la guerre de 1914 – 18, Le Carré des douaniers, Les Mobiles, Le Carré légionnaire et le Monuments aux morts vietnamiens pour les morts au service de la France pendant la guerre de 1939 – 45.

Coordonnées :
380, Rue Saint-Pierre – 13005 Marseille
04 91 14 67 00

Accessibilité entrée principale :
Bus : lignes 12 et 40 – arrêt Saint-Pierre
Métro : ligne M2 – arrêt La Timone
Tramway : ligne T1 – arrêt Saint-Pierre
Vélo : station 5058

Infos pratiques :
Ouvert du lundi au dimanche, de 7h30 à 17h30
Pour trouver une tombe :
carto.marseille.fr/geoweb/portal.do
(choisir « carte des cimetières » dans la colonne de droite puis suivre les instructions de la fenêtre pop-up)

Tombe remarquable, cimetière Saint-Pierre à Marseille

Photos : Marseille Hello, Wikipédia pour la tombe de Raspail et l’archive de la Cathédrale du silence

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