Amphitrite, sirène et tritons, statues d'André Allar - Fontaine Cantini, Place Castellane (crédit : Robert Valette)
Explorez Marseille

Créatures marines, néréides et tritons

Article sur les créatures marines en concordance avec l’épisode 1 Formats courts : les sirènes

Explorez Marseille et la région Provence avec une touche d'insolite et d'originalité.

Ce ne sont pas à proprement parler des sirènes, pourtant elles ont volontiers leur place au palmarès des rencontres marines inattendues, visibles à Marseille. Voici un tour d’horizon de quelques unes d’entre elles.


Amphitrite ou l’allégorie de la Méditerranée

Néréides :
Dans la mythologie grecque, les néréides sont des nymphes marines, filles de Nérée, dieu marin primitif, et de Doris, océanide ou nymphe aquatique.

Au nombre de cinquante, elles forment, entre autres, le cortège de Poséidon et d’Amphitrite. Plus spectatrices qu’actrices, ces belles jeunes femmes à la chevelure sertie de perles, incarnent les rires et la bienveillance des mers, à dos de dauphins ou d’hippocampes. Parfois agrémentées d’une queue de poissons, comme les sirènes, elles sont souvent présentes, aux côtés des tritons, sur les peintures et sculptures antiques et portent tridents, couronnes et branches de corail.

Bien que naturellement peu agressives, les néréides portent leur beauté en fierté et se révèlent cruelles lorsque Cassiopée, reine d’Ethiopie, affirme dans un élan d’orgueil, avoir une enfant, Andromède, plus jolie encore. Outrées, elles demandent réparation à Poséidon qui envoie un monstre marin ravager le pays. Seul le sacrifice de cette dernière peut alors apaiser sa colère. Insensibles à la détresse et à la panique de la jeune princesse, les néréides l’attachent comme appât à un rocher jusqu’à sa libération, in extremis, par Persée.

Certaines néréides sont plus connues que d’autres. C’est le cas d’Amphitrite, que l’on peut observer à différents endroits de la cité phocéenne.

Allégorie de la Méditerranée
Bas-relief d'Oscar Eichacker - 5, rue de la Prison
Amphitrite, sirène et tritons
Statues d'André Allar - Fontaine Cantini, Place Castellane
Amphitrite, sirène et tritons
Statues d'André Allar - Fontaine Cantini, Place Castellane
Amphitrite sur son char
Hendrik Goltzius
Le triomphe d'Amphitrite
Statue d'Auguste Carli - Fontaine Place Joseph Etienne
Le triomphe d'Amphitrite
Hughes Taraval
Poséidon et Amphitrite (l'Océan et la Méditerranée)
Statues - Palais de la Bourse, 9, La Canebière
Poséidon et Amphitrite
Statues de sculpteur inconnu - 63, rue de la République

Amphitrite : néréide, déesse et incarnation féminine de la mer, épouse calme et discrète de Poséidon. Son rôle dans la mythologie et l’art grecs, où elle n’apparaît que brièvement, est secondaire et consiste, essentiellement, à poser aux côtés de son époux. Chez les Romains puis à l’époque moderne, elle est principalement représentée le bras levé, comme sur les fontaines de la place Castellane et de la place Joseph Etienne, ou voguant, à travers les eaux, sur un char traîné par des dauphins ou des chevaux marins, accompagnée de néréides et tritons.

Poursuivie par Poséidon, épris de la jeune femme depuis qu’il l’a vue danser, elle cherche refuge auprès du titan Atlas et le supplie de la protéger contre ce dieu aux colères tonitruantes, en conflit avec toutes les autres divinités. C’est Delphinos, messager du dieu des mers et océans, qui retrouve la néréide, auprès de laquelle il reformule la demande, et la convainc ainsi d’accepter. Parmi les différentes versions, bien que tolérant les nombreuses infidélités de son époux, elle aurait transformer Scylla en monstre, par jalousie. Jetant des herbes magiques dans son bain, la belle nymphe, sujette aux sollicitations du dieu, serait devenue une créature de six têtes et douze pieds incarnant les tourbillons écumants des flots, les récifs et les écueils, et dont Ulysse, entre autres, croise la route.

De son union avec Poséidon, naît deux filles, Rhodè et Benthésicymé, et un garçon, Triton.

Retrouver ci-dessous les adresses citées dans le diaporama :
1 – Allégorie de la Méditerranée, bas-relief d’Oscar Eichacker – 5, rue de la Prison
2 – Amphitrite, sirène et tritons, statues d’André Allar – Fontaine Cantini, Place Castellane
3 – Le triomphe d’Amphitrite, statue d’Auguste Carli – Fontaine Place Joseph Etienne
4 – Poséidon et Amphitrite (l’Océan et la Méditerranée), statues – Palais de la Bourse, 9, La Canebière
5 – Poséidon et Amphitrite, statues de sculpteur inconnu – 63, rue de la République


Les tritons

Tritons bifides
Atlantes de sculpteur inconnu - 41, rue Dragon
Triton et néréide
Arnold Böcklin
Tritons bifides et "Scène des tritons"
Statues de Louis Eugène Lequesne et frise de Jules Cavelier - Palais Longchamp, Boulevard Philippon
Poséidon et les néréides
Friedrich Ernst Wolfrom
Tritons soufflant dans leur conque
Statues de Louis Eugène Lequesne - Palais Longchamp, Boulevard Philippon

Triton : initialement divinité unique, fils de Poséidon et d’Amphitrite. Mi-homme mi-créature marine incarnant les flots retentissants, il parcours les vagues à dos de dauphins et d’hippocampes et souffle dans sa conque pour apaiser ou soulever les flots.

Au pluriel, il désigne une race de créatures faisant partie du cortège de Poséidon. « Ils ont le haut du corps semblable à celui d’un homme, mais le bas est en forme de poisson (…) Des cheveux verts sur la tête, des écailles très fines et très dures, des ouïes en dessous des oreilles, un nez humain, une bouche large, garnie de dents d’animaux, yeux bleus-verts, des mains rugueuses comme un coquillage, et au lieu de pieds, une queue comme celle des dauphins. » (Pausanias, géographe et voyageur de l’Antiquité) Mais les tritons peuvent également être agrémentés de pattes de chevaux ; on les nomme alors Centaures-Tritons ou Ichthyocentaures.

A l’instar du premier, ils sont représentés, traditionnellement, soufflant dans des coquillages faisant office de trompettes, comme ces deux statues de tritons, de Louis Eugène Lequesne, célébrant l’arrivée des eaux de la Durance, de part et d’autre du château d’eau au Palais Longchamp. Au sommet de l’arc des triomphes du château, on peut aussi observer deux tritons bifides, encadrant les armes de la ville, toujours réalisés par Lequesne, ainsi, qu’un peu plus bas, une frise dite « Scène des tritons » mettant en scène une Vénus lascive, sculptée par Jules Cavalier.

Retrouver ci-dessous les adresses citées dans le diaporama :
1 – Tritons bifides, atlantes de sculpteur inconnu – 41, rue Dragon
2 – Tritons bifides et « Scène des tritons », statues de Louis Eugène Lequesne et frise de Jules Cavelier – Palais Longchamp, Boulevard Philippon
3 – Tritons soufflant dans leur conque, statues de Louis Eugène Lequesne – Palais Longchamp, Boulevard Philippon

Photos : Marseille Hello, Wikipédia (Robert Valette) et Statuedefrance.fr

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *